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 La sophrologie pour déméler le méli-mélo émotionnel

Dans un monde occidental où le tout pouvoir va au savoir, où le QI est roi, nous nous sommes mis à penser logiquement que notre tête était la pièce maîtresse de notre raison. Pourtant, au cours de ces trente dernières années, des scientifiques ont pu montrer un lien direct entre raisonnement et sphère émotionnelle. En effet, il semble que l'incapacité d'exprimer ou de ressentir des émotions peut gravement altérer l'aptitude à raisonner. Il est donc temps, de redécouvrir notre unité, le fait que nous ne sommes pas que des cerveaux, que nous ne sommes pas que des corps, mais que nous sommes bien un tout indivisible. L'ignorer, c'est perdre énormément d'énergie, c'est ne plus savoir faire face à la complexité et à l'incertitude de nos existences, c'est pousser trop loin nos limites et basculer dans le mal-être et même parfois la maladie.

Je me suis rendue compte au fil de ma pratique que les gens ignorent ou ont peur de leurs émotions et fabriquent alors un véritable méli-mélo émotionnel. En effet, pour rendre nos réactions émotionnelles plus acceptables à nos yeux et aux yeux des autres, on triche un peu en les réprimant ou en les déguisant. Par exemple, nous avalons notre colère devant l'injuste comportement de notre patron. Nous pleurons, faisons semblant d'être triste pour être consolés alors que nous sommes frustrés, en colère. Nous nous mettons dans une colère noire contre notre conjoint alors que nous avons juste peur de le perdre. Connaissez-vous le dicton ォqui aime bien, châtie bien サ? châtiez pour ne pas exprimer sa joie, son amour, c'est dommage non? Pourtant, on ne peut pas mentir à la conscience, et ces belles stratégies nous amènent tout droit vers la somatisation et le mal-être social, car chaque émotion a une fonction bien particulière et est nécessaire à notre adaptation. Les émotions doivent également rester des réactions d'adaptation ponctuelles et ne pas se crystalliser et devenir maladie (la dépression, le stress, les angoisses, les phobies, etc.)
Je vous citerais ici les 4 émotions de base avec lesquelles je travaille:

  • La peur aiguise nos sens et à pour fonction originelle d'assurer notre protection. Elle nous prépare dans une réaction instinctive d'attaque ou de fuite.
  • La colère est une réaction à la frustration et à l'injustice. Elle nous donne l'énergie de l'affirmation de soi.
  • La tristesse nous prépare au travail du deuil.
  • La joie est une émotion qui nous libère de nos tensions, nous permet de se sentir plein et unifié, en communion avec le monde.

La sophrologie est un outil précieux pour nous aider à remettre de l'ordre dans ce méli-mélo émotionnel. Elle nous aide à nous reconnecter à nous même et va donc nous permettre de
reconnaître nos émotions, les accepter, les exprimer puis à les gérer plus justement dans notre quotidien. Voici donc les grandes lignes d'un programme sophrologique de remise en ordre du mélimélo
émotionnel. Il est bien sûr modulable et extensible à souhait.
Les pratiques liées à la RDC1 nous serviront à prendre conscience de notre corps, de nos sensations internes. Le but étant de stopper le petit vélo mental qui tourne dans notre tête (nos préoccupations, nos idées noires, etc..) afin de revenir dans l'ici et maintenant et reprendre possession de ses émotions, de ses sentations de manière vraie. Le sophro-déplacement négatif sera également très apprécié pour vider, laver nos tensions internes, sortir nos colères.
La position premier degré (debout) ainsi que les techniques viphi sur les sensations de la peau vont nous permettre d'affirmer notre verticalité, de mieux sentir notre protection corporelle naturelle et ainsi d'oser s'affirmer plus facilement.
Les techniques liées à la RDC2 nous permettront de prendre du recul sur nous-même et d'accepter notre monde émotionnel dans son entier. Elles nous permettront également de se projeter dans le futur de manière positive avec une sensation d'être plus soi, plus unifié.
Les techniques liées à la prétérisation nous permettront d'aller rechercher dans le passé les expériences émotionnelles qui ont eu un impact positif et donc de diminuer la crainte de leur expression.
Je souhaite sincèrement que chacun réalise à quel point la gestion de nos émotions est essentielle et quelle permet à la tête et au coeur de ne plus se faire la guerre.

Laure Persoz-Guyot